Le crépitement de mon humanité

Avertissement : Accès à une réflexion enseignante en cours d'élaboration...

Vous pouvez adhérer ou pas à ce que pense, mais je vous dirai qu'en ce moment même cette pensée s'élabore, se déploie et se modifie. Je vous donne accès à elle. Ma pensée est fuyante, elle s'écoule par les pores de mon esprit qui chahute. Demain, elle n'aura déjà plus le même visage et surtout, elle n'aura jamais le vôtre.

En enseignement, la permission de penser est un don que l'on doit donner aux autres, une responsabilité individuelle que l'on commande et qui se construit progressivement avec l'effort, la recherche et les trouvailles sporadiques qui viennent avec la prise de conscience progressive de ce qui nous constitue.

La permission de penser devient pour moi le pilier fondamental de tout. L'aller-retour le plus créatif qui existe, expérimenter et penser, doit être permis dans tous les domaines qui régissent l'apprentissage.

La réflexion n'est pas banale. Souvent, on nous gave dans le milieu scolaire de pensées des autres, du produit subjectif de d'autres esprits qui ont tout digéré et assimilé à l'avance, et qui nous dictent avec aplomb une façon de pensée.

Or, aucune pensée ne peut être véritablement signifiante, si elle n'a pas été pensée par nous. Savoir ce que Foucault a pensé peut constituer une illumination, mais si nous n'avons pas accès à la démarche de sa réflexion, si je nous ignorons que s'il vivait toujours il continuerait encore de penser les choses, et qu'il les penserait sans doute autrement, nous faisons fausse route. Nous nous excluons de la véritable satisfaction et de la cruciale appropriation de la pensée, sans oublier son déroulement dans le temps qui s'étend sur l'infini (ou la mort).

Comment penser à sa façon ?

Comment se définir dans le monde autrement que par sa propre pensée, celle qui diverge, celle qui ne connaît que sa façon unique et sinueuse de cheminer dans l'esprit ?

Car il m'apparaît désormais imparable que penser soi-même ce que peut-être d'autres ont déjà pensé avant (peu importe!) a une valeur inouïe. Emprunter cette voie, inlassablement, c'est se donner les outils pour franchir les limites de idées arrêtées, figées dans ce consensus mou, c'est troubler la mesure calculée à l'avance de la bonne démarche à suivre.

Comprendre enfin, que le résultat de cette propre pensée n'a aucune importance, que cette production de la réflexion qui s'arrête un moment pour dire a déjà perdu le cours des idées qui continue de s'alimenter et de se modifier au coeur de notre esprit.

J'irai plus loin encore: pour moi, penser, c'est créer. Autant que de réaliser une fresque immense, générer les liens qui suffisent à étayer les idées qui nous guident, c'est se concrétiser à la face du monde. Alors que le premier exemple est une manifestation extérieure de la création, le deuxième en est une intérieure, mais tout aussi fondamentale, parce qu'elle forme le sens que l'on suit à chaque jour.

Il faut par conséquent, au sein du contact privilégié que l'on a en tant qu'enseignant avec les élèves, tendre vers cette conscience de la prise de parole. Comme il faut nous-même trouver la voie d'un enseignement qui nous est propre, il faut que les élèves développent en eux-même la satisfaction de faire siens les apprentissages et de développer leur propre mode réflexif.

Je me plais à dire que l'enseignant évolue sur un rail créatif où il demeure en recherche perpétuelle. S'il donne accès à cette recherche à son groupe d'élève, il permet à celui-ci d'évoluer en parallèle et de faire avancer la locomotive de la création enseignante. Par ces rails tendus sur un monde en constante mutation, l'enseignant peut accomplir un acte d'humilité stupéfiante envers la jeunesse : c'est avouer ne pas savoir, ne jamais être persuadé de posséder les réponses, mais d'en déceler les pistes et d'en chercher inlassablement des plus satisfaisantes.    

Sur le chemin de briques d'or de Dorothée, initier sa propre pensée est un peu poursuivre la construction de l'allée d'airain. Cela permet d'avancer toujours un peu plus en sachant où on met les pieds.

............................................................

Vous pouvez désormais tout oublier.

Tout cela est subjectif et déjà, désuet.

............................................................
Note to self :

Ne pas rendre illégitime le plaisir que tu prends envers tout. Si ton plaisir est véritable, il peut être transmis. Tu dois démontrer les possibilités créatives de ce qui habite ton quotidien, de ce qui nourrit ton imaginaire à chaque jour, de ce qui t'apporte un plaisir libidineux.

Donne-le, rends-le, mets-le au grand jour ! C'est le crépitement de ton humanité.

Le désir, le nid de poule de l'âme

Aimez ou pas la métaphore, elle me parle.

T'as beau avoir un char de l'année, quand t'en pogne un,
ça te brasse la suspension pis ça te coupe le souffle.

(Avis : Première et dernière métaphore de char sur ce blog)

Ghelderode épouse la sanglante Gaga


Vous êtes tous conviés : Ghelderode épouse la sanglante Gaga.


Le grand auteur des Flandres s'avance sur l'allée virginale en balayant de ses gros sabots les feuilles cramoisies. De sa main tuméfiée, putréfiée et coulante, il tient entre ses griffes la patte blanche de la belle.


Mise en scène de La ballade du grand macabre par La Fura Dels Baus


Trop tard, elle arrive. Je suis mort déjà depuis cinquante ans.
Basta ! Voici nos noces ! Je vais baiser cette peau de nacre.

Démone,
je te ferai les enfants difformes de l'Amérique
qui peupleront les trous, les gouffres et les abysses.

En croassant, ils feront sauter les enfants dans leur sommeil et transpirer les autres d'une dernière fièvre.




Et je rirai ; triade de souffre, d'alcool et de fumées, que je répandrai dans l'air de la saison bientôt morte.


(Eh oui. Un autre billet sur Lady Gaga qui devient de plus en plus un bouffon de temps modernes.)

Une autre chanson d'amour !

Parce qu'il faut bien rêver et que c'est tendre comme c'est pas permis, je vous offre une autre chanson d'amour.

C'est Alyss qui me la fait découvrir.
À quand, une telle sensualité, un tel idylle ?

Lady Gaga fait encore des siennes

Elle se mêle de chanter en français. C'est trop.



Et je préfère le marais, parce que tous mes amis sont gais, woaoaoaoaaow !
Sing it Paris !

De ces restes d'amour...

Après lui !
De ces restes d'amour, d'amitié - moins encore -
Croyez-vous apaiser la soif qui me dévore ?
Il est seul ! il est tout ! mais moi, belle pitié !
Qu'est-ce que je peux faire avec votre amitié ?
Ô rage ! il aurait, lui, le coeur, l'amour, le trône,
Et d'un regard de vous il me ferait l'aumône
Et s'il fallait un mot à mes voeux insensés
C'est lui qui vous dirait : - Dis cela, c'est assez -
En maudissant tout bas le mendiant avide
Auquel il faut jeter le fond du verre vide !
Honte ! Dérision ! Non, il faut en finir.
Bois !
Hernani, de Victor Hugo.

L'envie, quand elle est crue, ressemble assez à cela.
Jalousie toute nue.

Amour impossible qui rend fou.

Une histoire de cul

ATTENTION. C'EST CRU.

Ok. Là, je vas vous écrire quelque chose avec mon cul.
C'est mon cul qui va parler. Parce qu'y est pu capable d'en prendre.

Tu connais tu ça un carcrash ? Un ostie d'accident de marde ? Tsé quand la voiture à rentre à toute vitesse dans un mur, pis que ça fait plein de débris, plein de petits bouts de voiture pis de lumière de toutes les couleurs, plein de bruits pendant longtemps pis que ça résonne jusque plus loin que ta vie, qu'on dirait que ça parle à toi pis à tes ancêtres en même temps. Tu connais-tu ça ?

Un ostie d'accident de marde, mais qui s'arrête pas juste là, qui entraîne un autre criss d'accident, pis un autre, pis un autre, une maudite réaction en chaîne qui te bouscule, qui te brasse pis qui explose encore, pis encore, pis encore.

Je parle avec mon cul aujourd'hui, je vous l'ai dit, avec mon ostie de cul, parce que ça fait trop longtemps qui veut parler pis qu'y en a long à dire. Mon cul y te raconte son pire accident de marde qu'y a jamais vécu depuis qu'y existe.

Mon cul, celui qui pense pas, celui qui a pas d'ostie d'autre goût dans sa journée que de se faire plaisir, que de hurler, de rouler en tonneaux, de faire des jokes, lui, le niaiseux au bout de mon corps, celui-là, ben y te dit qu'y existe. Y'existe, pis y'en a plein le casque que je lui dise de fermer sa grande gueule.

Mon cul est pas sentimental. Mon cul en a pas d'ostie de façon. Mon cul y m'dit d'aller me faire foutre.
Y me dit qu'y veut ce qui veut, pis qu'y a rien que je peux faire pour le changer.
Tu comprends-tu ce que je te dis ?

Pis mon cul, y'attends juste la maudite messe, la cérémonie d'amour pour avoir un peu de fun dans vie.

Mais comme je te dis, mon cul a pogné son Waterloo. Il l'a pogné pis y digère pas. Y s'en remets pas, pis y m'en veut. Y m'en veut tellement que si y pouvais me monter dans face, y le ferait. Y dirait toute la marde qui pense à chacune des osties de personne qui passe. Parce qu'y est en crisse.

L'ostie d'accident. Le tabarnak d'accident de marde. Mon cul est stické, pogné là. Y'est resté jammé. Tellement crissement pogné qui se peut pus, tellement qu'y arrête pas de me crier par le corps.

Y me dit qu'il le veut.

Y me le crie par le ventre, pis par les côtes, pis ça me gronde jusque dans mon cerveau qu'y le veut, LUI.

Juste un. Pas mille. Pas d'autre, lui.

Le même. Le maudit qu'y est resté pogné dans mon cul.

Mon ostie de cul a flanché !
Y'est désespéré d'amour, peux-tu croire ?

Mon cul veut plus rien voir d'autre que c't'ostie là à qui y a même pas touché !
Mon cul désire à en perdre le nord. Pis mon cul, il le veut tusuite !

C'est pas des jokes, je suis rendu juste un cul.
Un ostie de cul qui veut tout avaler.
Je suis un gouffre qui attend qu'on lui tombe dedans pour rire.
Pis crisse qui va rire, crisse que sa grosse voix va s'entendre dans toutes les crisses d'oreilles.
Il va rire à gorge déployée. Le personnage le plus crampé que t'auras jamais vu dans ta vie.
Celui qui a le sourire étampé dans face.

Mais là.

Si ça arrive pas.

Si y se pointe pas.

Si mon cul a pas ce qui veut.

Si jamais...

Qu'essé m'a faire ? Comment tu fais pour vivre quand ton cul hurle du plus profond de tes entrailles ?
Comment tu fais ?
Le désir pis l'amour mélangé, ça a pas de boutte !
C'est comme un accident de marde pogné dans ta tête pour le restant de tes jours, pis qui résonne, pis qui résonne encore, tellement que tu connais toutes ses sons par coeur !

J'ai le corps pis l'esprit d'un gars pogné dans le cul.

À part crier...quessé que je fais ?

Shit.

Au bord de la crise de nerfs

Vidéo post-halloween apocalyptique et terrifiant.
Exactement comme je me sens maintenant.
Je me sens hystérique, mais pogné tout en-dedans.

Bruno Blanchet en Jésus qui pète sa coche. Étrangement vrai et dérangeant.



Je donne pas de bonbons c't'année...câlisse !